Pourquoi je n’avance plus ? Est-ce normal ou un vrai blocage ?

Vous fixez votre to-do list depuis des semaines.
Vide. Ou presque.
Les projets en suspens s’accumulent, et cette sensation de retard vous ronge. « Pourquoi je n’avance pas ? Pourquoi je ne fais rien ? » Cette culpabilité vous suit comme une ombre. Vous avez peur : peur de décrocher, peur que le fil se perde, peur que tout vous échappe si vous ne bougez pas maintenant.
Alors vous vous agitez. Vous cherchez n’importe quoi à faire. Bouger, c’est exister, non ?
Mais si cette immobilité n’était pas ce que vous croyez ?
Dans cet article, nous répondrons à :
- Pourquoi je me sens bloqué ?
- Comment faire la différence entre stagnation et maturation ?
- Que faire quand je n’avance plus ?
Cette incapacité à avancer n’est peut-être pas de la paresse. Ni de la faiblesse. C’est un passage initiatique que L’Empereur, Arcane IV du Tarot, connaît bien : le temps qui prend.
Celui où rien ne bouge en surface, mais où tout se construit en profondeur. Où votre béton intérieur durcit avant de pouvoir porter quoi que ce soit.
Je vais vous donner une carte pour discerner : stagnez-vous vraiment, ou êtes-vous en train de prendre ?
Pourquoi je me sens bloqué ?
La culpabilité de l’immobilité
Cette sensation de blocage, vous la connaissez.
Vous vous réveillez avec cette urgence diffuse : « Je devrais faire quelque chose. » Mais quoi ? Vous ne savez pas. Juste que rester immobile, c’est dangereux.
Cette peur a un sens.
Elle vient de loin. De cette croyance collective : bouger = exister. Si vous ne bougez pas, vous disparaissez. Le monde avance sans vous. Vous ratez quelque chose.
Alors vous vous agitez. Vous cherchez une tâche, un projet, n’importe quoi pour calmer cette angoisse. Vous ouvrez votre ordinateur, vous scrollez, vous commencez mille choses sans en finir aucune.
Mais voilà ce qui se joue vraiment :
Vous confondez agitation et action.
L’agitation, c’est bouger pour ne pas sentir le vide. L’action, c’est bouger parce que quelque chose a mûri et demande à sortir.
L’Empereur et le temps qui structure
L’Empereur (Arcane IV) incarne la construction. Pas celle qui se fait en un jour, mais celle qui dure. Les cathédrales, les empires, les fondations.
L’Empereur sait ceci : ce qui doit durer doit d’abord durcir.
Quand un bâtisseur coule une dalle de béton, il y a une règle : trois semaines d’attente. Trois semaines où personne ne marche dessus. De l’extérieur, ça ressemble à quoi ? Un chantier à l’abandon. Rien ne bouge. Tout semble mort.
Mais dedans ? C’est là que tout se joue. Le béton se lie. Les agrégats se soudent. La matière devient pierre.
Votre immobilité, c’est peut-être ça.
Pas du vide. Pas de la paresse. De la prise.
Vous ne stagnez pas. Vous durcissez.
La mécanique alchimique : Nigredo et Albedo
En alchimie, il y a deux phases qui ressemblent à votre passage :
Nigredo (Œuvre au Noir) : La descente. Tout s’effondre. Vous perdez vos repères. Vous ne savez plus qui vous êtes ni où vous allez. C’est la mort symbolique.
Albedo (Œuvre au Blanc) : La purification. Après la descente, quelque chose se clarifie. Vous comprenez le sens de ce qui s’est effondré. Une nouvelle structure émerge.
Entre les deux ? Un temps d’attente.
Ce temps où vous n’êtes plus dans la descente, mais pas encore dans la clarté. Vous êtes dans le béton qui prend. Ni liquide, ni solide. En train de durcir.
C’est inconfortable. C’est normal d’avoir peur. C’est normal de douter.
Mais ce n’est pas du vide. C’est de la prise.
Comment faire la différence entre stagnation et maturation ?
Les deux types d’immobilité
Toutes les immobilités ne se ressemblent pas.
Il y a celle qui pourrit. Et celle qui mûrit.
Stagnation : Vous ruminez les mêmes pensées depuis des mois. Rien ne bouge. Ni dehors, ni dedans. Vous tournez en rond dans le même désespoir. Les mêmes questions reviennent, sans réponse. Vous êtes bloqué dans le problème.
Maturation (Prise) : Vous sentez quelque chose se nouer en toi. Une densité nouvelle. Un poids. Comme une pierre qui se forme. Les questions changent. Vous ne tournez pas en rond, vous descendez en spirale. Chaque tour vous amène un peu plus profond.
Grille de discernement
Voici une grille pour vous situer.
| STAGNATION | MATURATION (PRISE) |
|---|---|
| Je rumines les mêmes pensées depuis des mois | Mes questions évoluent, se précisent |
| Rien ne bouge, ni dedans ni dehors | Quelque chose se densifie en moi |
| Je tourne en rond | Je descends en spirale |
| Je fuis le vide par l’agitation | J’accepte l’inconfort de l’attente |
| Mes décisions s’effondrent au premier doute | Mes décisions résistent à mes objections |
| Je me sens vide | Je me sens lourd (comme une pierre qui se forme) |
Il se peut que vous ne soyez pas sûr. C’est normal.
La différence entre stagnation et maturation n’est pas toujours évidente. Parfois, vous êtes entre les deux. Parfois, vous stagnez dans certains domaines et vous mûrissez dans d’autres.
Voici trois questions à vous poser :
- Est-ce que mes questions évoluent ?
- Si vous vous posez les mêmes questions depuis six mois → Stagnation probable
- Si vos questions se précisent, se transforment → Maturation probable
- Est-ce que je sens un poids nouveau en moi ?
- Si vous vous sentez vide, creux → Stagnation probable
- Si vous sentez une densité, une gravité nouvelle → Maturation probable
- Est-ce que mes envies résistent au temps ?
- Si vos envies changent toutes les semaines → Stagnation/Agitation
- Si une envie tient debout depuis trois semaines → Maturation probable
Les trois repères de L’Empereur
L’Empereur vous donne trois repères pour ce temps-là.
1. Le test de solidité
Chaque semaine, demandez-vous : « Est-ce que cette décision, cette envie, tient encore debout ? »
Si elle s’effondre au premier doute, elle n’a pas encore pris. Si elle résiste à vos objections, elle commence à durcir.
2. L’inventaire des liants
Notez ce qui se connecte en vous maintenant. Pas ce qui manque. Ce qui se lie.
Exemple :
- « Avant, je voulais plaire. Maintenant, je veux tenir debout. »
- « Avant, je courais après les opportunités. Maintenant, je veux construire sur du solide. »
Ça, ce sont des liants. Des connexions neuves qui se solidifient.
3. La règle des trois semaines
Une envie d’agir vous prend ? Attendez trois semaines.
Si elle est toujours là, solide, c’est qu’elle a durci. Si elle disparaît, c’était de l’agitation. Pas de l’action.
Que faire quand je n’avance plus ?
Ne pas forcer le béton humide
Vous êtes peut-être en train de durcir.
Si vous forcez maintenant, tout peut s’effondrer.
Imaginez : vous marchez sur une dalle de béton encore humide. Qu’est-ce qui se passe ? Vous laissez des traces. Vous cassez la surface. Vous compromettez la solidité.
Voici ce que je vous invite à éviter pour l’instant :
❌ Ne lancez pas de grand projet maintenant
❌ Ne prenez pas de décision majeure
❌ Ne forcez pas la clarté qui n’est pas encore là
Respectez ce temps qui prend.
Les trois pratiques pour ce temps-là
Voici trois pratiques concrètes pour accompagner ce passage.
Pratique 1 : L’inventaire hebdomadaire des liants
Une fois par semaine, notez :
- Qu’est-ce qui s’est connecté en moi cette semaine ?
- Quelle conviction s’est renforcée ?
- Quelle décision tient encore debout ?
Vous ne cherchez pas la clarté totale. Juste les petits liants. Les micro-solidifications.
Pratique 2 : La règle des trois semaines
Une envie vous prend ? Notez-la. Datez-la. Attendez trois semaines.
Après trois semaines :
- Si l’envie est toujours là, solide → Explorez-la
- Si l’envie a disparu → C’était de l’agitation
Pratique 3 : Le rituel du poids
Chaque matin, demandez-vous : « Qu’est-ce qui pèse en moi aujourd’hui ? »
Pas « qu’est-ce qui me pèse » (lourdeur négative).
Mais « qu’est-ce qui a du poids » (densité nouvelle).
Exemple :
- « J’ai le poids de savoir que je ne veux plus fuir. »
- « J’ai le poids de cette conviction : je vais construire lentement. »
Ce poids, c’est votre pierre qui se forme.
La promesse de L’Empereur
Dans quelques semaines, vous pourrez peut-être marcher sur cette dalle.
Mais là, elle durcit.
Vous saurez que c’est fini quand :
✅ Les décisions qui vous faisaient peur deviendront évidentes. Sans effort. Sans agitation.
✅ L’envie d’agir reviendra. Mais cette fois, elle aura du poids. De la densité.
✅ Vous ne vous demanderez plus « Pourquoi je n’avance pas ? » Vous saurez : « Je construis. »
L’Empereur ne se construit pas en un jour.
Ce qui durcit en vous maintenant portera peut-être votre vie entière.
FAQ D’AIME ETRE
Combien de temps dure une phase de maturation ?
Il n’y a pas de durée fixe. Chacun son rythme.
Pour certains, trois semaines. Pour d’autres, trois mois. Parfois plus.
Voici ce que je peux vous dire :
Le béton met trois semaines à durcir suffisamment pour qu’on puisse marcher dessus. Mais il continue de se solidifier pendant des mois, voire des années.
Votre maturation, c’est pareil. Vous aurez peut-être une première solidité dans quelques semaines. Mais la solidité complète ? Elle viendra avec le temps.
Respectez votre chronologie.
Est-ce grave de ne rien faire pendant plusieurs semaines ?
Non. Ce n’est pas grave.
Mais posez-vous cette question : Est-ce que vous ne faites RIEN, ou est-ce que vous ne faites rien de VISIBLE ?
Si vous ruminez sans cesse les mêmes pensées, sans évolution → Il se peut que vous stagniez. Peut-être qu’un accompagnement (thérapie, coaching) pourrait vous aider.
Si vous sentez quelque chose se densifier en vous, si vos questions évoluent → Vous êtes peut-être en train de prendre. Respectez ce temps.
La nuance est importante.
Le symbolique s’ajoute au réel. Si vous souffrez vraiment, si votre entourage s’inquiète, leur inquiétude est légitime. Écoutez-les. Consultez un professionnel si besoin.
Comment savoir si je ne suis pas juste en train de fuir ?
Bonne question.
Voici un repère :
La fuite, c’est tourner en rond dans le même désespoir. Vous évitez, vous procrastinez, vous vous distraire pour ne pas sentir.
La prise, c’est descendre en spirale. Vous ne fuyez pas le vide, vous l’habitez. Vous posez des questions plus profondes à chaque tour.
Demandez-vous :
- Est-ce que je fuis le vide par l’agitation (séries, scroll, tâches inutiles) ?
- Ou est-ce que j’habite l’inconfort de l’attente ?
Si vous fuyez → Peut-être que vous stagnez.
Si vous habitez → Peut-être que vous prenez.
Mes proches s’inquiètent de me voir « ne rien faire ». Que leur dire ?
Leur inquiétude est légitime. Validez-la.
Vous pouvez leur dire :
« Je comprends que ça t’inquiète. C’est normal. Moi aussi, parfois, j’ai peur. Mais je sens que quelque chose se construit en moi. Je ne stagne pas, je mûris. J’ai besoin de ce temps. Mais je te promets : si je sens que je tourne vraiment en rond, je demanderai de l’aide. »
Deux choses importantes :
- Ne les coupez pas. Leur regard extérieur est précieux. Ils voient peut-être ce que vous ne voyez pas.
- Tenez votre promesse. Si vous stagnez vraiment, demandez de l’aide (thérapie, médecin, accompagnement).
Le symbolique ne remplace pas le réel. Il s’y ajoute.
Est-ce que je peux forcer un peu pour avancer ?
Vous pouvez. Mais demandez-vous : forcer quoi ?
Si vous forcez une décision qui n’a pas encore durci, elle s’effondrera. Si vous lancez un projet sur des fondations molles, il craquera.
Voici une distinction :
❌ Forcer l’action (lancer un projet, prendre une décision majeure) → Risqué
✅ Forcer la présence (tenir le cap, habiter l’inconfort) → Nécessaire
Vous ne forcez pas le béton à durcir plus vite. Mais vous restez sur le chantier. Vous ne partez pas.
Tenez le cap. Mais ne marchez pas sur le béton.
CONCLUSION
Vous êtes peut-être en train de durcir.
Votre immobilité n’est peut-être pas du vide. C’est peut-être de la prise.
Les trois clés à retenir :
- Discernez stagnation et maturation : La stagnation tourne en rond. La maturation descend en spirale.
- Respectez le temps qui prend : Ne forcez pas le béton humide. Attendez qu’il durcisse.
- Notez les liants : Ce qui se connecte en vous, ce qui résiste au temps, ce qui prend du poids.
Le pont est solide. Vous pouvez traverser.
L’Empereur ne se construit pas en un jour. Ce qui durcit en vous maintenant portera peut-être votre vie entière.
RECIT LIÉ
Ce passage que vous traversez demande peut-être une autre forme d’accompagnement.
Si vous voulez explorer ce temps d’attente autrement, je vous ai laissé une fable : « Patience : L’Arbre qui Enseigne ».
Une histoire africaine sur un arbre qui refuse de grandir trop vite pour ne pas brûler ses racines.
Pendant que votre béton prend, cultivez vos racines si cela vous parle.
POUR ALLER PLUS LOIN
Si vous sentez que vous tournez en rond et cherchez à identifier les mécanismes qui vous retiennent, ce guide peut vous offrir une grille de lecture.
Ce document est un guide de clarification intérieure basé sur les 12 archétypes fondamentaux.
Il ne cherche pas à définir une identité idéale, mais à révéler les mécanismes psychologiques que chacun active, souvent inconsciemment, pour faire face aux situations de la vie.
À travers un test structuré, des grilles de lecture et des exercices de transmutation, ce guide permet d’identifier les archétypes dominants, ceux qui sabotent, et ceux qui restent endormis.
Il propose une lecture symbolique et pragmatique des contradictions internes, afin de comprendre les passages personnels à traverser.
Ce support s’adresse aux personnes qui sentent qu’elles tournent en rond, répètent les mêmes schémas, ou traversent une phase de transition.
Il ne promet pas une transformation immédiate, mais offre une carte claire pour engager un travail de conscience et d’intégration dans la durée.
→ Télécharger le guide : https://www.aime-etre.fr/guide-12-archetypes/
Aime-Être
Décoder l’invisible. Transformer la vie.


